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Ce blog est celui de Musica, festival international de musiques d'aujourd'hui de Strasbourg
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7 oct 2016

REVIEW
Le Très-Haut

Mardi 4 octobre, Aurélien Montinari s'est glissé sur les bancs de l'église Saint-Pierre-le-Jeune pour assister au concert de l'ensemble vocal Les Métaboles, jeune chœur qui s'est attaqué, sous la direction de Léo Warynski, à la musique de l'ex-bloc soviétique. Review.

On a toujours un petit pincement à l'âme au moment de franchir les portes d'une église. Une fois à l'intérieur, on cherche le chœur du regard, on hésite à faire le signe de croix et surtout, immanquablement, on lève les yeux, impressionné par la majesté de ces édifices. Les hauteurs, malgré les lustres allumés, restent dans la pénombre. Le cadre de l'église protestante Saint-Pierre-le-Jeune est en parfaite harmonie avec le registre de l'ensemble vocal Les Métaboles.

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L'église à son comble, les lumières s'éteignent et les chanteurs entrent en scène avec pour seul éclairage le fond du chœur. Le concert commence, profond et puissant. L'orgue se fait entendre, majestueux, presque terrifiant. Les hommes ouvrent le récital, on se laisse immédiatement envelopper par leurs voix, qui sous la direction précise du chef d'orchestre Léo Warynski, deviennent un seul et unique phénomène. Les femmes prennent place ensuite, des canons fusent dans les aigus, nous dévoilant une extraordinaire gamme de sons.

Ce sont au total dix œuvres de compositeurs d'Europe de l'Est qui seront jouées ce soir. Une aire géographique mais aussi culturelle, empreinte de force et de sobriété. Au moment du Magnificat d'Arvo Pärt, on comprend que cet ensemble n'est là que pour nous, offrant ce qu'ils ont de plus intime et de plus pur, leurs émotions et leurs voix. Les yeux vont des partitions aux gestes du chef d'orchestre avec gravité mais aussi parfois sourire. Entre deux récitals, on appose discrètement un diapason sur la tempe, le corps tout entier est ici instrument.

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Le Salve Regina finit de nous transporter, les lumières se rallument dans un tonnerre d'applaudissements, vite, je sèche une larme pour garder ma contenance. Au sortir de la nef, on aimerait toucher les pierres des murs, sentir qu'elles aussi vibrent encore.

(Pour la petite histoire, c'est au moment des remerciements que je reconnus en la personne du chef d'orchestre mon camarade de lycée, Léo, me souvenant que déjà alors, il nous disait vouloir plus tard exercer ce fantastique métier. Bravo à lui.)

Par Aurélien Montinari - Photos : Guillaume Chauvin

Plus d'informations sur le concert des Métaboles

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